Page:Folk-lore - A Quarterly Review. Volume 14, 1903.djvu/466

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les faits. Le contact de Thomme est tout aussi redoutable a la femme que le contact de la femme est redoute de Fhomme ; le tabou est reciproque. II est done impossible qu'il soit d<i a la simple crainte que la faiblesse feminine ne se communique con- tagieusement a I'autre sexe. Cette theorie meconnait un fait essentiel, a savoir, le caractere religieux du commerce sexuel et de I'interdiction exogamique.

D'un autre cote, si I'exogamie n'est vraiment elle-meme qu'apres institution totemique, d'ou vient que le totem I'a ainsi determinee et renforcee? Pour repondre a la question, il ne sufifit pas d'invoquer vaguement les tabous attaches au totem. Encore faut-il dire quels sont ces tabous et comment ils ont agi sur les prohibitions exogamiques. De meme, on comprend bien mal ce qui peut avoir induit deux groupes primitifs a s'accorder mutuellement le connubium ; car, puisque, dans I'hypothese de I'auteur, chacun d'eux contenait, avant I'union, une pluralite de totems, chaque homme pouvait y trouver des femmes d'un autre totem que le sien, avec lesquelles, par consequent, il pouvait librement se marier. Des lors, a quoi pouvait servir, du moins au point de vue matrimonial, cette addition d'un groupe nouveau? De plus, de ce que deux societes s'accordent le connubium, il s'ensuit bien pour chacune d'elles la possibilite de se marier dans I'autre, non Fobligation de ne pas contracter de mariages dans son propre sein (pourvu que hommes et femmes ne soient pas du meme totem). Cette obligation pourtant est caracteristique de I'organisation en phratries ; hommes et femmes ne doivent pas seulement etre de totems differents, mais ils ne doivent pas appartenir a la meme phratrie. D'ou peut venir cette obligation dans la theorie de M. Lang ? Quant a son hypothese sur les origines du totem, elle est bien difficilement admissible pour qui connait le caractere religieux du totem, le culte dont il est I'objet. Comment un sobriquet aurait-il pu devenir le centre d'un veritable systeme religieux ? M. Lang, il est vrai, laisse de cote cet aspect religieux du totemisme ; mais c'est laisser de cote ce qu'il y a d'essentiel dans le phenomenea exphquer.

Comme M. Lung, M. Atkinson s'est propose, dans son travail, de retrouver les origines pre-ethnographiques, et meme presque pre-humaines des premiers groupes humains que nous connais- sions. II prend pour point de depart une famille ayant a sa tete un chef, sorte d'anthropoide patriarche qui, par jalousie sexuelle,