A Dictionarie of the French and English Tongues

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A Dictionarie of the French and English Tongues  (1611) 
by Randle Cotgrave

A

DICTIONARIE

OF THE FRENCH

AND ENGLISH
TONGVES.

Compiled by Randle Cotgrave.

LONDON

Printed by Adam Islip.

Anno 1611.

TO THE RIGHT HONO-
rable, and my very good Lord and Maister,
Sir William Cecil Knight, Lord Burghley, and sonne and heire apparant vnto the Earle of Exceter.

I Here present vnto your Lordships view an Account of th'expence of many houres, which in your seruice, and to mine owne benefit might haue beene otherwise imploied: for sloth, howsoeuer, had not consumed them; somewhat I must haue done the whilest; nor could I haue bestowed them on a Worke of lesse vse for your Lordship, the French being alreadie so well vnderstood by you, and all yours. In which regard, as I am particularly bound to acknowledge your Lordships goodnesse, bearing with my humor to follow, and allowing me time to finish, it; so haue all they, to whom it shall proue of any worth, iust cause to honour in your Lordship that goodnesse, continued a long time vnto their, and the common good. No priuat consideration was fit to make your Lordship often to dispence with th'ordinarie attendance of an ordinarie seruant. But this is one of the least of your Lordships respects to the Publicke; and I would be loath to ingage your Judgement, or Honour, on the successe of so meane a Peece. My desires haue aimed at more substantiall markes; but mine eyes failed them, and forced me to spend much of their vigour on this Bundle of words; which though it may be vnworthie of your Lordships great patience, and perhaps ill sorted to the expectation of others, yet is it the best J can at this time make it, and were, how perfect soeuer, no more then due to your Lordship, to whom I owe, for what I haue beene many yeres, whatsoeuer I am now, or looke to be hereafter.

Your Lordships
most bounden seruant,
Randle Cotgraue.

Au favorable Lecteur François.


L

Lecteur, l'Auteur de ce livre (Gentilhomme Anglois, à qui son propre Pays &, sur tout, le notre ont vne obligation particuliere, qu'ilz ont à peu d'autres) apres avoir peniblement veillé & travaillé par plusieurs ans, sur cet oeuvre, non moins, certes, ingrat que laborieuz; En fin est contraint de le laisser partir de ses mains, plutot vaincu de l'importunité de ses Amis, & de la necessité que le Public en a, que satisfait en son ame de son propre ouvrage. Et t'assure que si on l'eut voulu croire, il fût encore apres à se tourmenter, pour trouver la signification de telz mots, qui, possible, ne seront jamais plus ouyz en ce monde, (quoy que luz) & dont, ie croy, il n'y a personne qui ait ouy parler depuis cent ans, que luy; tant sa curiosité a eté grande & exacte à lire toute forte de livres, vieuz & nouveauz, & de tous noz dialectes. A cette cause, peur, possible, qu'ayant égard à ce que tu voys, non à ce que tu ne voys pas, tu l'accuses plutot de ce qu'il a dit, que de ce qu'il a eté contraint de laisser; qui toutefois seroit vn tresor inestimable, s'il eût pu trouver, ou pardeça, ou en France mesmes (où il a eté si curieuz d'envoyer expres) qui l'eut pu, ou voulu resoudre de ses doutes; Il te suplie bien fort, si tu trouves icy quelques mots qui te sonnent mal auz oreilles, ou mesme qui n'y ayent encore iamais sonné, de croire, qu'ilz ne sont point de son invention, mais recueilliz de la multitude & diversité de noz Auteurs, que possible tu n'auras pas encore luz, & qui, tant bons que mauvais, desirent tous d'estre entenduz. Il pouvoit bien citer le nom, le livre, la page, & le passage; mais ce n'eut plus icy eté vn Dictionaire, ains vn Labirinte. Ceuz qui ne les sauront pas, les aprendront; Ceuz qui les sauront, jugeront bien que l'ignorance, possible, d'vn seul mot, soit substanciel, metaforique, inusité, ou tiré de la varieté des Ars, peut souvent obscurcir tout vn sens, & rendre barbares les conceptions les plus gentilles. Permis à qui voudra d'en vser, ou de les laisser; Bien entendu, toutefois, que ce ne seroit pas le pis qui nous pût arriver, que de remettre suz, certains mots sur-annez, que nous avons mieuz aimé laisser perdre, quoy que trespropres & significatifs; Et autres de notre propre cru, bien que de divers terroir, allans plutot mandier chez les Etrangers pour nous exprimer, ou bien nous taisans du tout, ou parlans par vn long contournement de paroles, que d'ouvrir vn peut la bouche pour en prononcer quelques vns qui sembloyent trop revesches pour la douceur du palais de noz Damoiselles, ou grater l'oreille delicate de Messieurs noz Courtisans de ce tems-cy. Quant auz fautes de l'Impression, l'Autheur ne les peut totalement prendre sur soy, ne niant pas qu'il n'en soit eschapé assez, comme aussi possible en quelques endroits, quelque impropre interpretation; esperant bien toutefois, que les vnes ny les autres ne seront pas si grandes que ta courtoisie n'y puisse bien suppleer. A tant, Il recommande son oeuvre à ta bonne reception, & moy ie demeure

Ton tres affectionné Patriotte,

I. l'oiseav de Tourval, Parisien .

 (not listed in original)

This work was published before January 1, 1926, and is in the public domain worldwide because the author died at least 100 years ago.