Page:Folk-lore - A Quarterly Review. Volume 14, 1903.djvu/464

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importer de nouvelles etrangeres. Au contraire, a partir du moment ou chaque groupe familial eut son totem, les femmes indigenes et les autres furent faciles a distinguer, puisqu'elles avaient des noms differents. D'un autre cote, le totem etant herite en ligne uterine, il y eut desormais, au sein de chaque groupe, des representants de totems differents. Par suite, pour epouser une femme d'une autre famille, c'est a dire, d'un totem autre que le sien, chaque homme n'eut plus besoin d'aller faire une razzia au dehors. A I'interieur meme du groupe dont il faisait naturellement partie, il trouvait tout ce qu'il lui fallait. Si nous comprenons bien I'auteur, le totem ne fut pas institue volontaire- ment dans ce but, mais une fois etabli, on I'utilisa de cette maniere. Nous verrons tout a I'heure ce qui lui a donne naissance. M. Lang semble d'ailleurs reconnaitre en plusieurs endroits que les tabous inherents au totem ne sont pas sans avoir exerce une influence speciale sur ces prohibitions matrimoniales ; mais il ne dit pas avec precision en quoi cette influence a consiste.

Que deux groupes de ce genre entrent en relations pacifiques et s'accordent mutuellement le connubiu7n, I'agregat qu'ils formeront par leur reunion donnera I'organisation des tribus Australiennes en deux phratries exogames, divisees elles-memes en un certain nombre de totems, mais sans que jamais le meme totem se retrouve dans les deux phratries. Soient, en effet, deux groupes A et B, unis par un traite d'alliance en vertu duquel tous les hommes de A peuvent prendre femmes en B et reciproquement. Comme, d'un autre cote, le principe est etabli que le manage est interdit entre individus d'un meme totem, I'alliance matrimoniale entre A et B n'est possible que si les totems de A ne se retrouvent pas en B et inversement. La constitution des phratries serait done due, non comme nous avons eu I'occasion de le soutenir ailleurs^, a un sectionnement d'un groupe initial, mais au rapprochement de deux groupes differents qui se seraient lies I'un a I'autre par une convention plus ou moins expresse (p. 55 et suiv.).

Quant aux classes matrimoniales en lesquelles se divise chaque phratrie, M. Lang, apres avoir passe en revue les differentes theories qui ont essaye de les expliquer, parait bien n'en trouver aucune qui le satisfasse. II reproche a celle que nous avons pro-

' V. Annie Sociologique, Tome I., La Prohibition de Vlnceste et se$ origines, et Tome v., Sur le Tot^misme,