Page:Folk-lore - A Quarterly Review. Volume 14, 1903.djvu/465

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Reviews, 423

posee de voir dans les phratries le produit de la subdivision d'une horde initiale, alors que, selon lui, elles seraient, comme nous venons de le dire, deux groupes d'abord autonomes et distincts. La methode est bien critiquable, qui consiste a rejeter une explica- tion parce qu'elle ne se concilie pas avec un postulat que Ton a prealablement admis. Une theorie demande a etre discutee en elle-meme. Finalement, M. Lang ne nous en propose aucune. II estime la question insoluble tant que Ton ne connaitra pas le sens des mots qui servent a designer les classes.

Mais il reste un probleme : comment se sont etablis ces totems par lesquels les groupes primitifs se sont distingues les uns des autres? Ce serait le besoin de se nommer mutuellement qui aurait donne naissance a cette institution. Primitivement, les groupes etaient anonymes ; tous ceux dont on n'etait pas etaient "les autres," "les etrangers." Mais ces denominations etaient trop vagues. Chacune de ces petites societes sentit le besoin de designer par un nom special les societes voisines avec lesquelles elle etait en conflit plus ou moins permanent. Des raisons diverses deciderent les hommes a employer de preference pour cet usage des noms de plantes ou d'animaux. Ici, ce fut une ressemblance, physique ou morale, reelle ou imaginaire, avec telle ou telle espece animale, qui fut la cause determinante ; ailleurs, le nom donne fut celui de I'animal ou de la plante qui constituait le fond de I'alimentation du groupe. En raison meme des sentiments d'animosite que ces premieres peuplades humaines nourrissaient les unes pour les autres, ces noms furent tres souvent des sobriquets. M. Lang cite un certain nombre d'exemples qui tendent a prouver que, en France, en Angleterre, les villages voisins se designent souvent par des sobriquets de ce genre.

Nous nous sommes efforce de reproduire, avec autant d'exacti- tude que possible et surtout sans les affaiblir, les theories de M. Lang. Mais il est difficile que le lecteur n'ait pas senti tout ce qu'elles ont de conjectural. Tres souvent on n'apergoit pas, ou Ton n'apergoit que tres confusement les raisons qui ont deter- mine I'auteur. Ainsi, qu'est-ce au juste qui a donne naissance a cette exogamie pre-totemique dont il admet I'existence ? M. Lang hesite entre la theorie de Crawley et celle de Atkinson. Nous verrons plus loin en quoi consiste la seconde, et nous dirons pourquoi elle nous parait peu satisfaisante. Quant a la premiere, elle est d'un simplisme qu'il est bien difficile de concilier avec